Quelle assurance moto pendant l’hivernage ? options, prix et garanties à privilégier pour protéger votre machine

Quelle assurance moto pendant l'hivernage ? options, prix et garanties à privilégier pour protéger votre machine

Ta moto va passer l’hiver au chaud dans le garage, sous une belle housse, batterie sur maintien de charge, pneus bien gonflés… Bref, elle est prête à hiberner. Mais question qui fâche (ou qui fait réfléchir) : qu’est-ce qu’on fait de l’assurance pendant l’hivernage ? On garde tout pareil ? On réduit ? On résilie ?

Parce que oui, même quand ta bécane ne bouge pas d’un centimètre, elle peut encore te coûter cher… ou t’en faire perdre beaucoup si tu n’es pas bien couvert. On va voir ensemble quelles sont les options d’assurance pendant l’hivernage, les prix que tu peux espérer, et surtout les garanties à ne pas sacrifier si tu tiens à ta machine.

Faut-il vraiment assurer une moto qui ne roule pas ?

On va commencer par casser un mythe : non, tu ne peux pas « ne plus assurer » ta moto juste parce qu’elle reste au garage pendant 4 ou 5 mois.

En France, toute moto immatriculée doit être assurée au minimum en responsabilité civile, même si elle ne roule pas. Pourquoi ? Parce qu’elle peut quand même causer un dommage :

  • un ami la déplace dans le garage, chute et se blesse ;
  • elle tombe sur une autre moto ou une voiture stationnée ;
  • un enfant grimpe dessus, joue avec, se fait mal.

Dans ces cas-là, c’est l’assurance de la moto qui entre en jeu. Pas d’assurance = tu payes de ta poche, avec en prime une jolie amende si tu es contrôlé sans couverture.

Donc première règle : on ne roule pas sans assurance, et on n’« hiverne » pas sans assurance non plus.

Les principales options d’assurance moto pendant l’hivernage

Ok, tu dois garder une assurance. Mais ça ne veut pas dire que tu dois forcément payer plein pot comme en plein mois d’août sur la route des Alpes. Tu as plusieurs options pour adapter ton contrat à l’hivernage.

Option 1 : rester assuré comme en saison (tous risques, tiers étendu, etc.)

C’est l’option « tranquillité d’esprit ». Tu ne changes rien à ton contrat :

  • tu gardes la même formule ;
  • tu continues de payer les mêmes cotisations ;
  • ta moto est couverte comme si tu roulais tous les jours.

À première vue, ça peut paraître un peu bête de payer une garantie « dommage tous accidents » alors que la moto ne sort pas du garage… Mais il y a plusieurs cas où ça a du sens :

  • tu n’es pas sûr de ne pas rouler cet hiver (un rayon de soleil, une route sèche et… tu craques) ;
  • tu habites en copropriété avec parking collectif, box partagé ou box pas hyper sécurisé ;
  • ta moto a de la valeur (ou une forte valeur sentimentale) et tu veux une protection maximale contre le vol, l’incendie, le vandalisme, etc.

Financièrement, tu ne fais pas d’économie, mais tu évites de jongler avec les options de contrat. C’est simple, parfois c’est ce qu’on veut.

Option 2 : passer sur une formule « garage mort » ou « hivernage »

Plusieurs assureurs proposent des formules spécifiques pour les motos qui restent au garage pendant plusieurs mois. On parle parfois de :

  • garantie garage mort ;
  • formule hivernage ;
  • assurance réduite hors circulation.

Le principe : tu bloques ou réduis les garanties liées à la circulation, tout en gardant une protection pour les risques « à l’arrêt ».

En général, ce type d’option garde au minimum :

  • la responsabilité civile (obligatoire), pour les dommages causés à d’autres ;
  • le vol (souvent sous conditions : antivol agréé, garage fermé, etc.) ;
  • l’incendie ;
  • les événements climatiques (tempête, inondation, etc.) si c’est dans le contrat ;
  • le vandalisme éventuellement, selon les formules.

En revanche, ce que tu perds souvent :

  • les dommages tous accidents (chute seul, glissade, etc.) ;
  • l’assistance 0 km ou les services liés au dépannage en cas de panne sur la route ;
  • les garanties liées à l’équipement du motard (gants, blouson, casque).

C’est une excellente option si :

  • tu es sûr que la moto ne sortira pas pendant la période concernée ;
  • tu veux réduire ton budget assurance sans prendre trop de risques ;
  • ta moto est stockée dans un endroit sécurisé.

Option 3 : passer à une assurance « au tiers + vol/incendie »

Si ton assureur ne propose pas de formule hivernage spécifique, tu peux, le temps de la mauvaise saison, passer sur une formule intermédiaire :

  • au tiers simple : responsabilité civile uniquement ;
  • au tiers + vol/incendie : RC + protection si ta moto brûle ou disparaît.

Le tiers simple, honnêtement, c’est un peu rude pour une moto qui a de la valeur : en cas de vol dans le garage, tu pleures très fort et très longtemps.

Le tiers + vol/incendie est souvent le bon compromis d’hivernage :

  • tu es en règle légalement ;
  • ta moto est couverte pour les gros pépins à l’arrêt ;
  • tu payes généralement moins cher qu’en tous risques.

Et si tu as envie de rouler une fois de temps en temps pendant l’hiver, tu peux… mais tu n’es plus couvert pour les dommages sur ta moto si tu es responsable d’un accident, sauf si tu as gardé une garantie dommages. À toi de voir ton niveau de tolérance au risque (et la météo prévue).

Combien coûte une assurance moto pendant l’hivernage ?

Les prix varient énormément en fonction de :

  • la cylindrée et la valeur de ta moto ;
  • ton profil (bonus/malus, historique, âge, etc.) ;
  • le lieu de stationnement (rue, garage fermé, box individuel) ;
  • la ville (Paris vs campagne profonde, ce n’est pas la même chanson) ;
  • les garanties choisies.

Mais pour te donner un ordre d’idée sur une période d’hivernage de 4 à 6 mois :

  • une 125 cm³ en formule réduite (tiers + vol/incendie), garage fermé : tu peux tourner autour de 8 à 20 € par mois ;
  • un roadster 600–800 cm³ récent, tiers + vol/incendie : plutôt 20 à 40 € par mois ;
  • une grosse cylindrée type sportive ou GT haut de gamme : 30 à 70 € par mois selon la ville et les options.

Avec une vraie formule « hivernage » ou « garage mort », certains assureurs appliquent une réduction annuelle (par exemple 20 à 30 % de remise si tu déclare une moto immobilisée 3 à 6 mois dans l’année). D’autres proposent carrément un contrat saisonnier : tu payes moins cher l’hiver, plus cher l’été, mais lissé à l’année ça peut être intéressant.

Le bon réflexe : appeler ton assureur en amont de l’hiver, lui expliquer comment tu vas stocker la moto, et voir quelles formules ou réductions existent. Ne te fie pas uniquement aux brochures commerciales, certaines options sont « non officielles » mais possibles si tu demandes.

Les garanties à garder absolument pendant l’hivernage

Si on devait faire le tri entre les garanties à garder et celles qu’on peut alléger pendant l’hiver, voilà celles qu’il vaut mieux conserver.

Responsabilité civile : non négociable

On l’a déjà dit, mais ça vaut la peine de le répéter : la responsabilité civile est obligatoire, hiver comme été. Elle couvre :

  • les dommages corporels à un tiers ;
  • les dégâts matériels causés par ta moto ;
  • certaines situations où la moto tombe, blesse quelqu’un, etc.

Tu ne peux ni la supprimer ni la suspendre. Si un assureur te propose un truc qui ressemble à ça pour une moto immatriculée : méfiance.

Vol : à garder sauf si ta moto ne vaut (vraiment) plus rien

En hiver, beaucoup de motos sortent moins… mais les voleurs, eux, ne prennent pas de vacances. Une moto stockée dans un garage collectif ou un box au sous-sol d’un immeuble reste une cible potentielle.

Garder la garantie vol est donc un must si :

  • ta moto a une certaine valeur (réelle ou sentimentale) ;
  • elle est stockée dans un endroit partagé ou accessible ;
  • il y a déjà eu des vols dans le secteur ou l’immeuble.

Vérifie aussi les conditions de mise en œuvre :

  • antivol SRA obligatoire ?
  • garage fermé à clé ?
  • photos ou factures de la moto et des accessoires ?

Ça peut paraître contraignant… jusqu’au jour où tu descends au garage et que tu trouves un cadenas scié à la place de ta fidèle monture.

Incendie, événements climatiques, vandalisme : souvent pas chers, très utiles

Ces garanties sont souvent packagées avec vol/incendie ou tous risques, et ne pèsent pas si lourd dans la prime par rapport à ce qu’elles peuvent couvrir :

  • incendie : un court-circuit, un départ de feu dans le parking, la moto voisine qui brûle ;
  • événements climatiques : inondation du garage, tempête qui fait tomber un mur ou une porte ;
  • vandalisme : rayures, selle lacérée, pièces cassées volontairement.

Pour une moto qui dort en sous-sol ou dans un box individuel, ces garanties sont franchement rassurantes, et leur coût pendant quelques mois d’hiver reste raisonnable.

Assistance : utile ou pas en hiver ?

Si ta moto ne sort pas du tout, l’assistance panne/accident, tu peux t’en passer. Mais si tu sais que tu vas peut-être craquer pour quelques sorties dès que la route est sèche, ça peut être une bonne idée de la garder, au moins :

  • en cas de batterie qui lâche au pire endroit ;
  • de panne après plusieurs mois d’arrêt malgré tout ton soin ;
  • d’accident provoqué par une plaque de verglas que tu n’avais pas vue (ça arrive plus vite qu’un highside en sortie de courbe).

Là encore, tout est question de réalisme par rapport à ton usage. Si tu es du genre à dire « non mais cet hiver je ne roule pas » et qu’on te retrouve systématiquement sur les petites départementales dès qu’il fait 8°C et sec, mieux vaut garder une bonne formule.

Les garanties que tu peux éventuellement alléger

Si tu cherches à faire baisser la facture, il y a quelques leviers possibles pendant l’hivernage, à condition de bien comprendre ce que tu perds.

  • Dommages tous accidents : si tu ne roules pas, tu peux envisager de la suspendre ou de repasser à une formule sans dommages, mais attention : tu ne seras pas couvert si tu craques pour une petite sortie et que tu te rates seul.
  • Équipement du motard : si la moto reste au garage, cette garantie devient moins cruciale pendant quelques mois.
  • Options confort (véhicule de remplacement, assistance étendue, etc.) : utiles en saison, moins quand la moto hiberne.

L’important, c’est de ne jamais modifier ton contrat sans noter quelque part ce que tu as changé. Dans 4 mois, tu auras oublié, et tu penseras être couvert alors que tu ne l’es plus.

Comment négocier ou adapter ton contrat pour l’hivernage

Changer d’assurance à chaque hiver, c’est possible mais un peu pénible. Avant de tout résilier, pense à :

  • appeler ton conseiller : explique que tu immobilises ta moto de novembre à mars, demande s’il existe une réduction, une option garage mort ou une formule saisonnière ;
  • vérifier ton contrat : certains prévoient déjà noir sur blanc une période d’hivernage ou une modulation des garanties ;
  • demander un avenant temporaire : tu peux parfois repasser d’un tous risques à un tiers + vol/incendie d’octobre à mars, puis réactiver le tous risques en avril.

Si ton assureur est totalement rigide, tu peux aussi :

  • profiter de la prochaine échéance annuelle pour changer d’assureur ;
  • ou utiliser la résiliation loi Hamon si ton contrat a plus d’un an, et aller voir une compagnie plus souple avec les motards saisonniers.

Petit conseil de pote : quand tu appelles, sois clair sur :

  • l’endroit exact où dort la moto (adresse, type de garage, accès) ;
  • le fait que tu ne comptes pas rouler (ou très peu) ;
  • la valeur estimée de la machine et des accessoires.

Plus tu es précis, plus ton assureur pourra te proposer quelque chose d’adapté. Et si tu sens que l’interlocuteur ne comprend pas trop la vie d’un motard, rien ne t’empêche d’en trouver un qui parle un peu plus « deux-roues ».

Quelques erreurs fréquentes pendant l’hivernage

Un petit tour des bourdes qu’on voit souvent… et qui peuvent coûter cher :

  • Résilier totalement l’assurance parce que « la moto ne roule pas » : interdit, risqué et potentiellement ruineux.
  • Oublier de réactiver les garanties au printemps : tu ressors la moto, tu roules en pensant être en tous risques alors que tu es presque nu côté assurance.
  • Mentir sur le stationnement : dire « garage fermé » alors qu’elle dort sous un préau ouvert, ça peut suffire à faire sauter toute indemnisation en cas de problème.
  • Ne pas déclarer ses accessoires (top-case, valises, pièces tuning, etc.) : certains peuvent être couverts, mais uniquement s’ils sont déclarés.

Et bien sûr, l’erreur classique : se sous-estimer. Tu te jures que tu ne rouleras pas avant avril… puis tu craques dès le premier week-end à 12 degrés. Si tu as baissé tes garanties, sois au moins conscient de ce que tu risques.

En résumé : protéger ta moto même au repos, ça vaut le coup

L’hivernage, ce n’est pas seulement mettre un chargeur de batterie et un peu de WD-40. C’est aussi l’occasion de faire le point sur ton assurance :

  • tu ne peux pas rouler ni stocker une moto immatriculée sans au minimum une responsabilité civile ;
  • une formule tiers + vol/incendie ou une option hivernage/garage mort est souvent le meilleur compromis ;
  • garde un œil sur les garanties vol, incendie, vandalisme, surtout si ta moto dort dans un lieu collectif ;
  • si tu sais que tu ne pourras pas t’empêcher de rouler un peu, ne dénude pas trop ton contrat ;
  • parle à ton assureur, compare, et n’hésite pas à changer si tu trouves plus flexible ailleurs.

Ta moto t’a donné le sourire toute la belle saison, elle mérite qu’on veille sur elle pendant son sommeil hivernal. Et toi, tu mérites de passer l’hiver tranquille, sans te demander si tu vas devoir vendre un rein au printemps en cas de mauvaise surprise au garage.

Après tout, l’hivernage, ce n’est qu’une pause. Autant la mettre à profit pour préparer sereinement les prochaines virées.

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