Choisir son assurance moto, c’est un peu comme choisir son blouson : si tu te rates sur la taille ou la matière, tu le regrettes dès les premiers kilomètres. Entre les formules « au tiers », « intermédiaire », « tous risques » et toutes les garanties optionnelles, on peut vite avoir l’impression de lire du chinois… alors qu’on voudrait juste rouler tranquille.
Dans cet article, on va faire simple, concret, et collé à la vraie vie de motard. L’idée : t’aider à choisir la bonne formule d’assurance pour ton deux-roues, selon ta moto, ton usage et ton budget, sans te faire embarquer dans des options inutiles.
Les bases : ce que la loi t’impose (et ce qu’elle ne t’impose pas)
En France, la seule garantie obligatoire pour une moto, c’est la responsabilité civile, qu’on appelle souvent « au tiers ». Elle couvre :
Et ce qu’elle ne couvre PAS :
Donc oui : rouler « au minimum légal », c’est possible… mais ça veut dire que si tu chutes tout seul dans un rond-point mouillé, c’est pour ta pomme.
Les grandes formules d’assurance moto : tiers, intermédiaire, tous risques
On va commencer par les trois grandes familles de formules, qu’on retrouve chez presque tous les assureurs. Ensuite, on entrera dans le détail des garanties.
La formule « au tiers » : le strict minimum
La formule au tiers, c’est la plus basique, la moins chère, mais aussi la moins protectrice pour toi et ta monture.
En général, elle inclut :
Pour qui c’est adapté ?
Exemple concret : tu as un vieux scooter 50cc qui cote 600 €. Payer une formule tous risques à 400 € l’année n’a aucun sens : au tiers, ça se défend, surtout si tu ne le laisses pas traîner dans la rue la nuit.
La formule « intermédiaire » (tiers +) : le bon compromis pour beaucoup
C’est la formule la plus vendue, parce qu’elle rajoute des garanties utiles sans faire exploser la prime. Selon les assureurs, elle peut s’appeler « tiers confort », « tiers étendu », « intermédiaire », etc.
Elle comprend généralement :
Pour qui c’est adapté ?
Exemple : tu as un scooter 125 qui dort dehors en centre-ville. Le risque de vol est clairement là. Une formule tiers + vol/incendie est presque indispensable, surtout si la machine a moins de 5–6 ans.
La formule « tous risques » : la grosse protection, surtout pour les motos récentes
La formule tous risques, c’est la protection maximale… et la facture qui va avec. C’est celle qui commence à vraiment te couvrir toi et ta moto, même quand l’accident est de ta faute.
Elle inclut généralement :
Pour qui c’est adapté ?
Exemple : tu viens de t’offrir une sportive à 16 000 €, flambant neuve. Une chute à l’arrêt dans ton garage peut déjà coûter plusieurs centaines d’euros de carénage. Là, le tous risques prend tout son sens, au moins pendant les premières années.
Les garanties principales à connaître (et comment ne pas se faire avoir)
Au-delà du nom de la formule, ce sont LES GARANTIES qui font la vraie différence. C’est là que les assureurs peuvent être très généreux… ou très radins.
Responsabilité civile : la base absolue
Elle t’évite de ruiner ta vie financière si tu causes un accident grave. Rien à optimiser ici, c’est obligatoire et toujours incluse. En revanche, regarde :
Garantie du conducteur : ne surtout pas la négliger
Beaucoup de motards l’oublient… et c’est une des garanties les plus cruciales. Elle couvre TES blessures à toi, même si tu es responsable de l’accident.
Elle peut inclure :
À surveiller :
Astuce de pote : même sur une vieille bécane assurée au tiers, une bonne garantie du conducteur, ça vaut très souvent le coup. Ta santé vaut plus que la cote de ta machine.
Garantie vol : indispensable… ou pas ?
Le vol, c’est la hantise de tout motard, surtout en ville. Mais cette garantie est souvent très encadrée.
Points à vérifier :
Cas où la garantie vol est quasi indispensable :
Cas où tu peux réfléchir :
Dommages tous accidents : pour ta propre moto
C’est la garantie qui fait grimper le prix, mais aussi celle qui te sauve quand tu « te loupes tout seul ».
Elle intervient quand tu es responsable ou sans tiers identifié :
Attention aux franchises :
Assistance et dépannage : à la rescousse… ou pas
Tous les contrats n’offrent pas la même assistance. Là aussi, lis les petites lignes.
À regarder :
Si tu pars souvent en roadtrip ou en longues balades loin de chez toi, une bonne assistance peut faire la différence entre galérer sur un parking d’aire d’autoroute et finir la journée à la terrasse d’un café pendant qu’on remorque ta bécane.
Équipements et accessoires : ton matos mérite aussi d’être couvert
Un bon casque, ça coûte un bras. Ajoute le blouson, les gants, parfois airbag, valises… la note devient vite salée.
Certains contrats proposent :
Regarde :
Valeur à neuf ou majorée : très utile pour une moto récente
Une moto neuve perd vite de la valeur. Certaines assurances proposent :
Ça peut vraiment faire la différence si ta moto est volée ou détruite dans les premières années. Au lieu de toucher une indemnisation riquiqui, tu récupères de quoi réellement racheter quelque chose d’équivalent.
Adapter ta formule à ton type de deux-roues
Passons au concret : quelle formule et quelles garanties privilégier selon ce que tu as entre les mains ?
Scooter 50cc ou 125 pour la ville
Profil : trajets domicile-travail, ville, parfois périph, stationnement souvent dehors.
Recommandations :
Roadster ou moto polyvalente pour tous les jours
Profil : trajets quotidiens + balades week-end, moto de milieu de gamme.
Recommandations :
Sportive ou GT récente, moto haut de gamme
Profil : grosse valeur, parfois achat à crédit, pièces chères, souvent convoitée.
Recommandations :
Trail, roadtrip et voyages au long cours
Profil : longs trajets, parfois à l’étranger, routes variées, bagagerie.
Recommandations :
Vieille bécane, moto d’occasion pas chère, ou moto secondaire
Profil : petite valeur, sortie occasionnelle, parfois moto plaisir du week-end.
Recommandations :
Cas particulier : les jeunes permis et le A2
Si tu viens d’avoir ton permis A2, tu cumules deux choses : inexpérience et parfois moto bridée récente. Les assureurs adorent ça… niveau tarifs, tu t’en doutes.
Quelques pistes pour t’en sortir :
Bien lire son contrat : les détails qui changent tout
On ne te demande pas de devenir juriste, mais il y a quelques points à scruter avant de signer.
À vérifier absolument :
Sur la question du prêt du guidon notamment : certains contrats te couvrent si tu prêtes ta moto à un pote, d’autres beaucoup moins. Et le jour où ça finit dans le fossé, tout le monde est bien content de savoir ce qui était prévu… avant.
Bonus-malus, résiliation, changement de moto : ne te laisse pas piéger
Deux-trois rappels utiles pour gérer ton assurance dans le temps :
Et oui, ça vaut vraiment le coup de faire jouer la concurrence de temps en temps. Entre deux assureurs, pour la même formule, les écarts peuvent être monstrueux, surtout sur les profils jugés « à risque » (jeune permis, sportive, ville, etc.).
En résumé : comment trouver la bonne formule pour ton deux-roues
Si on condense tout ça en quelques questions à te poser avant de signer :
En gros :
L’idée, ce n’est pas d’être surassuré pour le plaisir de faire plaisir à ton assureur. C’est d’aligner ta formule avec ta réalité de motard, pour que le jour où ça tourne mal (et ça arrive, même aux meilleurs), tu n’ajoutes pas la galère financière à la galère tout court.
Un contrat bien choisi, c’est comme un bon équipement : tu espères ne jamais vraiment tester ses limites, mais tu es rudement content de l’avoir quand la route devient moins sympa. Et ça, tous les motards le savent : on ne maîtrise pas tout… sauf les choix qu’on fait avant de tourner la clé.
