Quelles formules d’assurance moto pour quelles garanties ? guide complet pour bien choisir selon votre deux-roues

Quelles formules d'assurance moto pour quelles garanties ? guide complet pour bien choisir selon votre deux-roues

Choisir son assurance moto, c’est un peu comme choisir son blouson : si tu te rates sur la taille ou la matière, tu le regrettes dès les premiers kilomètres. Entre les formules « au tiers », « intermédiaire », « tous risques » et toutes les garanties optionnelles, on peut vite avoir l’impression de lire du chinois… alors qu’on voudrait juste rouler tranquille.

Dans cet article, on va faire simple, concret, et collé à la vraie vie de motard. L’idée : t’aider à choisir la bonne formule d’assurance pour ton deux-roues, selon ta moto, ton usage et ton budget, sans te faire embarquer dans des options inutiles.

Les bases : ce que la loi t’impose (et ce qu’elle ne t’impose pas)

En France, la seule garantie obligatoire pour une moto, c’est la responsabilité civile, qu’on appelle souvent « au tiers ». Elle couvre :

  • Les dommages matériels et corporels que tu peux causer aux autres
  • Les piétons, les passagers, les autres conducteurs
  • Les dégâts sur les véhicules ou biens d’autrui (voiture, portail, vitrine…)
  • Et ce qu’elle ne couvre PAS :

  • Les dégâts sur ta propre moto
  • Tes propres blessures (sauf si tu es passager sur la moto de quelqu’un d’autre bien assuré)
  • Ton équipement (casque, gant, blouson, etc.)
  • Donc oui : rouler « au minimum légal », c’est possible… mais ça veut dire que si tu chutes tout seul dans un rond-point mouillé, c’est pour ta pomme.

    Les grandes formules d’assurance moto : tiers, intermédiaire, tous risques

    On va commencer par les trois grandes familles de formules, qu’on retrouve chez presque tous les assureurs. Ensuite, on entrera dans le détail des garanties.

    La formule « au tiers » : le strict minimum

    La formule au tiers, c’est la plus basique, la moins chère, mais aussi la moins protectrice pour toi et ta monture.

    En général, elle inclut :

  • Responsabilité civile (obligatoire)
  • Défense-recours (assistance juridique minimale en cas de litige)
  • Parfois une petite assistance (remorquage en cas d’accident, mais pas de panne)
  • Pour qui c’est adapté ?

  • Les petites cylindrées (50cc, 125cc anciennes, scooters d’entrée de gamme)
  • Les motos très anciennes ou à faible valeur marchande
  • Les motos qui roulent très peu (collection qui ne sort qu’aux beaux jours)
  • Les budgets très serrés, avec conscience du risque assumé
  • Exemple concret : tu as un vieux scooter 50cc qui cote 600 €. Payer une formule tous risques à 400 € l’année n’a aucun sens : au tiers, ça se défend, surtout si tu ne le laisses pas traîner dans la rue la nuit.

    La formule « intermédiaire » (tiers +) : le bon compromis pour beaucoup

    C’est la formule la plus vendue, parce qu’elle rajoute des garanties utiles sans faire exploser la prime. Selon les assureurs, elle peut s’appeler « tiers confort », « tiers étendu », « intermédiaire », etc.

    Elle comprend généralement :

  • Toutes les garanties du tiers
  • Vol (avec conditions, souvent sévères sur l’antivol et le stationnement)
  • Incendie
  • Événements climatiques (inondation, tempête, etc., selon contrats)
  • Bris de glaces optiques (phare, feu arrière, selon les cas)
  • Pour qui c’est adapté ?

  • Les scooters de ville garés dehors ou en parking collectif
  • Les 125 récentes ou polyvalentes
  • Les motos d’usage quotidien, mais pas neuves
  • Les motos de valeur moyenne (la cote existe, mais ce n’est pas un bijou à 20 000 €)
  • Exemple : tu as un scooter 125 qui dort dehors en centre-ville. Le risque de vol est clairement là. Une formule tiers + vol/incendie est presque indispensable, surtout si la machine a moins de 5–6 ans.

    La formule « tous risques » : la grosse protection, surtout pour les motos récentes

    La formule tous risques, c’est la protection maximale… et la facture qui va avec. C’est celle qui commence à vraiment te couvrir toi et ta moto, même quand l’accident est de ta faute.

    Elle inclut généralement :

  • Toutes les garanties du tiers + de l’intermédiaire
  • Dommages tous accidents (ta moto est couverte même si tu te plantes seul)
  • Parfois des options de type « valeur à neuf » temporaire
  • Pour qui c’est adapté ?

  • Les motos neuves ou très récentes (de 0 à 3–5 ans)
  • Les gros trails, roadsters, sportives, GT, au prix bien salé
  • Les motos achetées à crédit ou en LOA/LLD (souvent exigé par le financeur)
  • Les motards qui roulent beaucoup et qui veulent dormir tranquille
  • Exemple : tu viens de t’offrir une sportive à 16 000 €, flambant neuve. Une chute à l’arrêt dans ton garage peut déjà coûter plusieurs centaines d’euros de carénage. Là, le tous risques prend tout son sens, au moins pendant les premières années.

    Les garanties principales à connaître (et comment ne pas se faire avoir)

    Au-delà du nom de la formule, ce sont LES GARANTIES qui font la vraie différence. C’est là que les assureurs peuvent être très généreux… ou très radins.

    Responsabilité civile : la base absolue

    Elle t’évite de ruiner ta vie financière si tu causes un accident grave. Rien à optimiser ici, c’est obligatoire et toujours incluse. En revanche, regarde :

  • Les plafonds d’indemnisation (en général très élevés en moto, mais à vérifier)
  • Les exclusions (compétition, circuit, conduite sans permis, alcool, stupéfiants…)
  • Garantie du conducteur : ne surtout pas la négliger

    Beaucoup de motards l’oublient… et c’est une des garanties les plus cruciales. Elle couvre TES blessures à toi, même si tu es responsable de l’accident.

    Elle peut inclure :

  • Indemnisation en cas d’invalidité permanente
  • Versement de capitaux en cas de décès
  • Prise en charge de certains frais (adaptation logement, aide à domicile… selon contrat)
  • À surveiller :

  • Le plafond d’indemnisation : 50 000 €, 200 000 €, 500 000 €… la différence est énorme en cas de gros pépin
  • Les franchises d’invalidité (seuil à partir duquel on t’indemnise : 10 %, 15 %, etc.)
  • Astuce de pote : même sur une vieille bécane assurée au tiers, une bonne garantie du conducteur, ça vaut très souvent le coup. Ta santé vaut plus que la cote de ta machine.

    Garantie vol : indispensable… ou pas ?

    Le vol, c’est la hantise de tout motard, surtout en ville. Mais cette garantie est souvent très encadrée.

    Points à vérifier :

  • Type d’antivol exigé (U, chaîne, SRA, alarme…)
  • Obligation de fixer la moto à un point fixe (poteau, barrière) selon le lieu
  • Conditions de stationnement de nuit (garage, cour fermée, voie publique…)
  • Délai de carence (parfois quelques jours après la souscription)
  • Montant de la franchise
  • Cas où la garantie vol est quasi indispensable :

  • Scooter/small bike en centre-ville, surtout si garé dans la rue
  • Moto récente ou très convoitée (roadsters à la mode, trails, sportives)
  • Cas où tu peux réfléchir :

  • Vieux deux-roues peu cotés, dormants dans un garage privé sécurisé
  • Dommages tous accidents : pour ta propre moto

    C’est la garantie qui fait grimper le prix, mais aussi celle qui te sauve quand tu « te loupes tout seul ».

    Elle intervient quand tu es responsable ou sans tiers identifié :

  • Chute dans un virage mal jugé
  • Glissade sur un passage piéton mouillé
  • Perte d’équilibre à l’arrêt avec gros dégâts carénage
  • Attention aux franchises :

  • Plus la franchise est élevée, plus la prime est basse
  • Sur une petite moto, une franchise de 700 € peut rendre la garantie peu intéressante
  • Assistance et dépannage : à la rescousse… ou pas

    Tous les contrats n’offrent pas la même assistance. Là aussi, lis les petites lignes.

    À regarder :

  • Assistance dès 0 km ou uniquement à partir d’une certaine distance du domicile
  • Prise en charge en cas d’accident seulement ou aussi en cas de panne
  • Retour à domicile, hébergement, véhicule de remplacement (et lequel ? voiture, scooter ?)
  • Si tu pars souvent en roadtrip ou en longues balades loin de chez toi, une bonne assistance peut faire la différence entre galérer sur un parking d’aire d’autoroute et finir la journée à la terrasse d’un café pendant qu’on remorque ta bécane.

    Équipements et accessoires : ton matos mérite aussi d’être couvert

    Un bon casque, ça coûte un bras. Ajoute le blouson, les gants, parfois airbag, valises… la note devient vite salée.

    Certains contrats proposent :

  • Garantie casque seul (souvent jusqu’à 300–600 €)
  • Garantie équipements du motard (blouson, gants, bottes, airbag, pantalon)
  • Garantie accessoires moto (top-case, valises, bulle, échappement, selle, etc.)
  • Regarde :

  • Le plafond par équipement et le plafond global
  • Les conditions (uniquement si accident responsable/non responsable ? vol ? incendie ?)
  • Valeur à neuf ou majorée : très utile pour une moto récente

    Une moto neuve perd vite de la valeur. Certaines assurances proposent :

  • Valeur à neuf pendant 12, 24 ou 36 mois
  • Valeur d’achat ou majorée (par exemple +20 % de la valeur Argus)
  • Ça peut vraiment faire la différence si ta moto est volée ou détruite dans les premières années. Au lieu de toucher une indemnisation riquiqui, tu récupères de quoi réellement racheter quelque chose d’équivalent.

    Adapter ta formule à ton type de deux-roues

    Passons au concret : quelle formule et quelles garanties privilégier selon ce que tu as entre les mains ?

    Scooter 50cc ou 125 pour la ville

    Profil : trajets domicile-travail, ville, parfois périph, stationnement souvent dehors.

    Recommandations :

  • Formule : tiers + vol/incendie au minimum
  • Garantie du conducteur : à renforcer, même si la machine est modeste
  • Assistance : dès 0 km si tu comptes sur ton scoot pour tout
  • Vol : vérifier les obligations d’antivol et de stationnement
  • Roadster ou moto polyvalente pour tous les jours

    Profil : trajets quotidiens + balades week-end, moto de milieu de gamme.

    Recommandations :

  • Formule : intermédiaire ou tous risques selon l’âge et la valeur de la moto
  • Garantie du conducteur : plafond correct (au moins 200 000 € si possible)
  • Équipements : casque + éventuellement blouson/airbag si tu es bien équipé
  • Assistance : panne + accident, si tu roules beaucoup
  • Sportive ou GT récente, moto haut de gamme

    Profil : grosse valeur, parfois achat à crédit, pièces chères, souvent convoitée.

    Recommandations :

  • Formule : tous risques quasiment incontournable les premières années
  • Vol : vérifier très précisément les exigences (alarme, antivol, garage…)
  • Valeur à neuf / valeur d’achat : à privilégier si disponible
  • Garantie équipements : au top si tu roules full équipé, avec airbag, etc.
  • Trail, roadtrip et voyages au long cours

    Profil : longs trajets, parfois à l’étranger, routes variées, bagagerie.

    Recommandations :

  • Formule : intermédiaire ou tous risques selon valeur et âge
  • Assistance : impératif de vérifier l’étranger (Europe, hors Europe ?), rapatriement
  • Accessoires : valises, top-case, protège-mains, sabot moteur… à déclarer
  • Vol : attention aux conditions de stationnement en voyage
  • Vieille bécane, moto d’occasion pas chère, ou moto secondaire

    Profil : petite valeur, sortie occasionnelle, parfois moto plaisir du week-end.

    Recommandations :

  • Formule : au tiers + bonne garantie conducteur
  • Vol : optionnel selon stationnement
  • Dommages tous accidents : souvent peu rentable si la valeur est faible
  • Cas particulier : les jeunes permis et le A2

    Si tu viens d’avoir ton permis A2, tu cumules deux choses : inexpérience et parfois moto bridée récente. Les assureurs adorent ça… niveau tarifs, tu t’en doutes.

    Quelques pistes pour t’en sortir :

  • Choisir une moto « facile » à assurer (roadster raisonnable plutôt que grosse sportive bridée)
  • Accepter au début une formule intermédiaire si le tous risques explose ton budget
  • Ne jamais faire l’impasse sur la garantie du conducteur
  • Chercher des assureurs spécialisés moto, parfois plus souples que les généralistes
  • Bien lire son contrat : les détails qui changent tout

    On ne te demande pas de devenir juriste, mais il y a quelques points à scruter avant de signer.

    À vérifier absolument :

  • Les franchises (vol, bris de glace, dommages tous accidents, etc.)
  • Les exclusions (usage pro, prêt du guidon, circuit, tuning non homologué…)
  • Les plafonds (conducteur, équipements, accessoires)
  • Les conditions de stationnement exigées de nuit
  • Sur la question du prêt du guidon notamment : certains contrats te couvrent si tu prêtes ta moto à un pote, d’autres beaucoup moins. Et le jour où ça finit dans le fossé, tout le monde est bien content de savoir ce qui était prévu… avant.

    Bonus-malus, résiliation, changement de moto : ne te laisse pas piéger

    Deux-trois rappels utiles pour gérer ton assurance dans le temps :

  • Bonus-malus : en moto comme en auto, chaque année sans sinistre responsable améliore ton ratio et fait baisser ta prime
  • Loi Hamon : après un an de contrat, tu peux résilier à tout moment pour aller voir ailleurs
  • Changement de moto : pense à adapter ta formule (une neuve tous risques, une vieille au tiers)
  • Vente de la moto : tu peux résilier à la vente, en fournissant le certificat de cession
  • Et oui, ça vaut vraiment le coup de faire jouer la concurrence de temps en temps. Entre deux assureurs, pour la même formule, les écarts peuvent être monstrueux, surtout sur les profils jugés « à risque » (jeune permis, sportive, ville, etc.).

    En résumé : comment trouver la bonne formule pour ton deux-roues

    Si on condense tout ça en quelques questions à te poser avant de signer :

  • Combien vaut réellement ma moto ou mon scooter aujourd’hui ?
  • Où je le gare (garage fermé, rue, parking collectif) ?
  • Combien de kilomètres je fais par an ? Tous les jours ou juste balade ?
  • Est-ce que je pourrais assumer financièrement une grosse réparation ou un vol sans bonne assurance ?
  • Est-ce que ma santé et mon équipement sont bien couverts si ça se passe mal ?
  • En gros :

  • Moto peu chère + roulage occasionnel : tiers + bonne garantie conducteur
  • Moto moyenne gamme + usage régulier : tiers + ou intermédiaire bien construit
  • Moto récente/haut de gamme ou achetée à crédit : tous risques, au moins les premières années
  • L’idée, ce n’est pas d’être surassuré pour le plaisir de faire plaisir à ton assureur. C’est d’aligner ta formule avec ta réalité de motard, pour que le jour où ça tourne mal (et ça arrive, même aux meilleurs), tu n’ajoutes pas la galère financière à la galère tout court.

    Un contrat bien choisi, c’est comme un bon équipement : tu espères ne jamais vraiment tester ses limites, mais tu es rudement content de l’avoir quand la route devient moins sympa. Et ça, tous les motards le savent : on ne maîtrise pas tout… sauf les choix qu’on fait avant de tourner la clé.

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